Guérilla urbaine en région parisienne...le point de vue de nos voisins européens
Régulièrement je feuillette la presse européenne pour voir comment nos voisins percoivent notre actualité : quelle n'a pas été ma surprise en constatant avec effroi que pour une majorité de l'Europe la France était à la limite de la guerre civile. Certes plus 500 véhicules (dont des bus) et trois entrepôts ont encore brulé cette nuit à Clichy et l'insécurité dans certaines banlieuex est réelle mais les titres des journaux étrangers nous laissent entrevoir un sombre avenir...
Les journaux parlent d'"intifada des banlieues", de "soulèvement des immigrés", de colère et de desespérance : le journal de Munich Süddeutsche Zeitung (centre gauche) s'en prend au ministre de l'Intérieur, expliquant qu'il est «devenu un visage de haine pour tous ceux qui sont sans espoir dans les banlieues». Une révolution sur fond de luttes intestines pour le pouvoir et de haine !! La France en est elle réellement arrivée là...
A Zurich, le Tages Anzeiger publie en une un dessin montrant Sarkozy en pompier tentant d'éteindre les voitures en feu à l'aide d'une lance à incendie reliée à un bidon d'essence.
Dans le quotidien conservateur britannique The Times, le correspondant à Paris, Charles Bremner, relève, lui, le long silence de Jacques Chirac, qui a attendu une semaine pour lancer son appel au calme «depuis le palais de l'Elysée, à seulement 9 kilomètres, mais des années-lumière du "Neuf-Trois"».
Pour le principal quotidien de Stockholm, Dagens Nyheter, c'est Jean-Marie Le Pen qui «gagnera les élections» si la crise continue.
En Grèce, Ta Néa (socialiste) titre : «La haine recouvre Paris, les heurts dans les ghettos des immigrés mettent fin aux rêves présidentiels de Sarkozy.»
Dans le quotidien praguois Lidove Noviny, la correspondante à Paris décrit Clichy-sous-Bois comme «un monstre de béton» pire que les quartiers de HLM construits en Tchécoslovaquie sous le communisme.
A Moscou, les scènes de voitures en feu et de CRS harnachés comme pour la guerre font l'ouverture des journaux télé depuis deux jours, après la «nuit de cauchemar» vécue par un groupe de touristes russes piégés au coeur des «pogroms» de Seine-Saint-Denis. La chaîne NTV a révélé comment «un groupe de vingt-cinq adolescents, essentiellement d'origine arabe», s'est emparé du bus des touristes, alors qu'ils prenaient le thé.
Hier, le ministère des Affaires étrangères portugais a même proposé une protection consulaire aux Portugais résidant en région parisienne : «Tout citoyen portugais se sentant en insécurité [...] peut prendre contact avec nos services», a annoncé un porte-parole.
Alors si l'ensemble de nos voisins s'inquiètent d'une situation qui dégénèrent d'heures en heures, pourquoi pas nous. Restons unis dans la lutte contre l'exclusion, le racisme et la violence d'où qu'ils viennent.